Félicia Ballanger, la plus titrée du XXème siècle

 In Le Tour au pied des Tours, Non classé

Avec son prénom inspiré du nom d’un ancien champion cycliste -l’italien Felice Gimondi- Felicia Ballanger était prédestinée à être cycliste.
De son premier titre de championne du monde, en 1995, aux Jeux Olympiques, en 2000, Félicia Ballanger resta pendant 5 années invaincue, devenant ainsi la française la plus titrée du siècle.
À trois reprises, elle décrochera l’or olympique, sans compter qu’elle fut dix fois championne du monde pendant ce quinquennat.  En 1999, elle devint la première femme à signer un contrat avec un groupe sportif professionnel, en l’occurrence l’équipe Jean Delatour.

Comment en êtes-vous venue à la pratique du cyclisme ? Et quelles étaient vos ambitions au départ ?
Félicia BALLANGER : Déjà, j’allais à l’école à vélo depuis l’âge de 9 ans car j’habitais hors de la ville. Il me fallait prendre le car que je ne supportais pas. Je préférais donc y aller à vélo. Vers l’âge de 12 ans, je pratiquais différents sports, particulièrement le Handball puis j’ai eu l’occasion de me joindre à des sorties de club de vélo et un éducateur a remarqué que je me débrouillais pas mal…
Mes ambitions ont toujours été très claires dans ma tête : être la meilleure dans la discipline que je choisirais.

Qu’a apporté votre premier titre olympique dans le monde du cyclisme féminin et dans le cyclisme en général ?
Félicia BALLANGER : Je crois qu’un titre olympique, qu’il soit féminin ou masculin, apporte toujours à la discipline concernée. Il a apporté de la lumière sur le cyclisme sur piste. Même si cette discipline était très régulièrement en lumière lors des championnats du monde et des JO, car elle est pourvoyeuse de médailles depuis bien longtemps.

Vous avez remporté trois titres de championne olympique et dix titres de championne du monde. Quels étaient vos points forts vis à vis de vos concurrentes afin de réaliser cet exploit, encore jamais battu à ce jour?
Félicia BALLANGER : Un de mes points forts, au niveau physique, était ma force explosive un peu hors norme et puis une détermination à atteindre mes objectifs très ambitieux. L’envie de gagner semblait plus m’habiter que certaines de mes concurrentes, parfois. Je souffrais de perdre.

Viviez-vous de votre sport à cette époque ?
Félicia BALLANGER : Oui, j’ai eu la chance de vivre bien de ma pratique. J’étais certainement une des rares cyclistes sur piste à l’époque. J’étais bien entourée, par une équipe qui faisait en sorte que je sois dans les meilleures conditions de réussites sportives et par des partenaires fidèles, qui m’ont accompagnée bien souvent tout au long de ma carrière (club, Conseil général, partenaires privés et équipe professionnelle). J’en vivais correctement mais bien évidemment tout est relatif comparé à d’autres sports ou d’autres disciplines. Disons que cela m’a permis de démarrer dans la vie « normale » de manière très correcte ; beaucoup mieux que le milieu d’où je sortais ne me l’aurait offert.

Pourquoi avoir choisi de continuer à travailler dans le monde du sport et notamment dans la lutte anti-dopage?
Félicia BALLANGER : Je ne savais pas ce que je voulais faire après ma carrière, je savais juste que je ne voulais pas entraîner. J’ai donc continué mes études tranquillement pendant ma carrière et puis le besoin de découvrir le monde du travail s’est fait sentir. J’ai fait un stage dans mon domaine d’études, et là je me suis aperçue que le milieu sportif c’était quand même un milieu auquel j’étais attachée. Du coup, grâce aux conseils précieux de mon préparateur psychologique, je me suis lancée dans la préparation du Professorat de Sport que j’ai obtenu en 2000.
J’ai fait le choix d’être plutôt dans la voie administrative et naturellement on m’a confié les missions de suivi du sport de haut niveau et de la lutte antidopage. Ces deux missions me tiennent à cœur bien évidemment car j’aime la performance sportive mais propre. C’est très intéressant d’avoir une action sur des sportifs qui seront amenés à performer de la bonne manière, c’est contribuer à valoriser la beauté du sport.

À quels obstacles avez-vous été confrontée du fait de votre statut de femme ?
Félicia BALLANGER : Sincèrement je trouve que, sur la piste, à contrario de la route, nous avons toujours été considérées comme les garçons et je n’ai pas souffert de cela.
Certainement le fait que nos épreuves sont combinées à celles des hommes et que nous n’étions jamais isolées. Nous avons profité du même traitement médiatique et des mêmes conditions d’entraînements.

Où en est le cyclisme féminin à l’heure actuelle ?
Félicia BALLANGER : Je trouve que les choses ont bien évoluées, sur la Route notamment, et c’est très bien. Les mentalités ont évolué par rapport au sport féminin en général. Je crois vraiment que l’on est sur la bonne voie et je pense qu’il faut faire que le cyclisme masculin et le féminin évoluent ensemble, même si ça n’est pas toujours évident.

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